L'armement offensif et défensif au XIème siècle
Levée communale
Ensemble des fantassins non professionnels issus des plus basses extractions. Ils sont au service des seigneurs locaux lors de l'Ost ou tentent de faire fortune sur le champs de bataille voisin. Ils sont peu et mal équipées.
Le fantassin :
Il ne porte bien souvent aucune protection, si ce n'est un simple bouclier de bois circulaire. Ses armes sont la lance, la masse et la hache ordinaire, ainsi que des armes bricolées à partir des objets de tous les jours, telle que la faux, le coutelas, etc… Attention, selon régions, la masse est réservée aux officiers. Lors de la bataille d'Hastings par exemple, seul Guillaume et son demi frère Odon portaient la masse.
Il arrive que le fantassin communal soit équipé, par le seigneur local, d'une veste de lin rembourrée, le gambison, et d'un casque simple, parfois en bois.
Le tirailleur :
Issu de la plus basse extraction, il est soit, archer, frondeur, lanceur de javelot ou arbalétrier. Il ne porte ni protection de corps, ni casque. Son armement de corps se limite à une simple dague voir une hache.
Les soldats professionnels
Ensemble des combattants recevant une solde pour leurs services pour la protection du seigneur et de ses biens. Ils sont bien équipés, combattent à pieds et à cheval, et reçoivent un entraînement poussé aux maniement des armes et au combat en formation. Qu'ils défendent un château ou mènent la guerre en pays voisin, certains recherchent la gloire et l'honneur et d'autres, tout simplement l'argent.
Le sergent d'armes :
Soldats professionnels au service d'un seigneur, ils forment l'ossature des armées médiévales. Ils sont disciplinés, habiles au combat et bien équipés. Si certains sergents débutant dans le métier des armes, se contentent d'un simple gambison ou d'une broigne de cuir ou d'anneau, beaucoup portent le haubergeon. Il descend jusqu'à mi cuisse et les manches couvrent les bras jusqu'au coude. Les sergents d'armes ne portent pas la cagoule de maille au XIème, à l'exception des plus riches fantassins, bien souvent les vétérans ayant amassé fortune, qui eux, possèdent le haubert à cagoule attenante.
Bien qu'il soit actuellement difficile de l'affirmer, le port du gambison sous la maille parait nécessaire afin d'amortir le poids du haubergeon. Sa fabrication est difficile à affirmer, mais il semble que celui-ci existe sous plusieurs formes. Le gambison en question, à porter sous la maille, était semble t-il assez fin, plus fin que celui porté seul par les fantassins.
La broigne fut aussi utilisée fréquemment, bien que les pièces de fouilles soient rares. Elle est constituée, semble t-il, d'une forte épaisseur de cuir sur laquelle sont rivetées des plaquettes de cuir ou de fer. Un autre montage est constitué d'une épaisseur de cuir où l'on a cousu des anneaux. Différents montages en broigne et cottes d'écailles ont aussi été utilisés par les combattants. Leur principal avantage était d'être moins onéreux que le haubert voir le haubergeon.
Il porte comme protection de tête, une cale rembourrée à la façon d'un gambison, surmontée d'une cervelière avec ou sans nasal. La version possédant un nasal, la plus fréquente durant ce siècle, peut être constituée de quatre, deux ou une seule pièce pour les plus riches. Il arrive fréquemment que des bandes de renfort soient rivetées afin consolider la calotte. Certaines de protections de tête sont parfois crénelées sur leur surface. La forme générale est conique, et parfois élancée à la façon d'un bonnet phrygien. Le nasal est de différentes formes, long, large, court ou sculpté.
La cervelière simple, est de même constitution que la protection de tête citée plus haut, mais dépourvue de nasal. La cervelière, quelle qu'elle soit, est garnie d'un mortier ou d'une araignée en cuir afin d'amortir les chocs et de stabiliser la calotte sur la tête du combattant. Les attaches jugulaires ne sont pas toujours évidentes, et il arrive souvent que la cervelière soit simplement posée sur le haut du crâne.
Presque tous les sergents d'armes possèdent l'épée, signe extérieur de richesse et fierté du combattant. Ces épées sont de moins bonne facture que celle des chevaliers et seigneurs, et aussi moins décorées. Elles sont constituées d'une lame longue à double tranchant, l'estoc arrondi, la garde droite et le pommeau en forme de noix du Brésil. Leur poids varie de 1300g à 1500g et le point d'équilibre se situe entre 9cm et 12cm de la garde. Elles sont relativement lourdes et possèdent une certaine inertie, nécessaire pour le combat en formation serrée. Elles sont relativement courtes, mesurant entre 80cm et 90cm, donnant ainsi une meilleure aisance pour le combat au sol. Elle est de type Oakeshott type X ou type XI.
Le sergent d'armes, hormis l'épée, possède aussi la lance, qu'il manie à une main et qui mesure entre 180cm et 200cm. Il manie entre autre la grande hache à deux main, la hache à main unique, la masse, de bois principalement, et des armes de mains à lame telles le fauchon, épée à tranchant unique, ou bien le fauchard, lame tranchante montée sur une hampe d'un mètre cinquante.
Le fantassin porte, dans sa main gauche, l'écu ou bouclier, circulaire ou en forme de goutte d'eau. Il est constitué le plus souvent de lattes de tilleul collées entre elles avec de la colle d'os et recouvert de lin, de cuir ou laissé tel quel. Il est cerclé de fer ou non, et possède souvent un umbo, protégeant la main et déviant flèches et coups. Son système d'attache est souvent de type manipule, ou poignée, ou bien par énarmes, laissant la main libre. Ce dernier type d'attache est caractéristique des cavaliers. Le bouclier ou écu est peint de motifs diverses, mais pas encore aux couleurs de la famille du combattant, l'héraldique n'existant pas encore.
Le Chevalier :
Le chevalier est un combattant hors pair au service d'un seigneur ou à son propre compte. Il est aussi bien issu des plus basses extractions que des rangs de la noblesse. Lorsqu'il ne se bat pas sur le champs de bataille, le chevalier s'entraine ou participe à des tournois, véritables batailles rangées codifiées. Son équipement, payé à ses frais ou offert par son seigneur, est des plus évolués et des plus protecteurs. Le combattant est monté sur un puissant destrier et manie la lance de cavalerie et l'épée.
Le chevalier porte le haubert long avec camail attenant et manches descendant au trois quart du bras. Sur le camail vient se rattacher la ventaille recouvrant le menton voire le nez. Les manches longues sont réservées aux plus riches chevaliers, bien souvent des barons.
Tout comme pour le fantassin, il est difficile d'affirmer que le chevalier portait le gambison sous la maille au XIème, mais cela parait tout à fait plausible. Il lui arrive parfois de porter une cotte d'écaille de cuir ou de fer ou une lamellaire par-dessus le haubert.
Le port des chausses de maille est anecdotique et visible que sur les membres les plus importants de la noblesse.
Le chevalier ceint la cervelière à nasal par-dessus le camail attenant et la ventaille, en tant que protection de tête. Celle-ci est sensiblement la même que celle portée par les fantassins. Il en est de même pour l'écu ou bouclier, le plus souvent en forme d'amande mais dont le système d'attache est principalement un système d'énarmes. Cela se comprend, vu qu'en temps que cavalier, le chevalier doit pouvoir tenir le bouclier et les rênes de la main gauche.
Le chevalier manie bien évidemment l'épée, de bonne facture et souvent décorée, à laquelle il lui arrive de donner un nom. Elle est semblable à celle des fantassins, si ce n'est qu'elle reçoit souvent plus d'attention à sa fabrication et à sa finition. Elle constituée d'une lame longue à double tranchant, estoc arrondi, garde droite, pommeau en forme et noix du Brésil.
Elle est légèrement plus longue que l'épée de fantassin, mesurant entre 90cm et 100cm, afin de permettre au chevalier d'atteindre les fantassins lorsqu'il est monté. Elle est aussi souvent plus légère, de 1000g à 1400g, et mieux équilibrée. Elle est de typologie Oakeshott type X et type XI d'après le classement mené par Edward Oakeshott. L'épée et rangée dans un fourreau de bois recouvert de cuir et parfois décoré, suspendu à la ceinture portée, soit par-dessus le haubert, soit dessous.
Mais bien que l'épée soit le symbole des chevaliers, leur arme principale reste la lance de cavalerie, mesurant entre 3 mètres et 4 mètres. On la tient d'abord à bout de bras puis sous l'aisselle à partir de la mi XIème. Elle est constituée d'un hampe en frêne ou en hêtre poursuivie d'un fer de lance acéré et tranchant d'environ 30cm. La qualité des essences de bois utilisée est primordiale pour obtenir une lance à la fois résistante et souple.
Mis à part les deux types d'armes présentés ci-dessus, le chevalier en utilise rarement d'autres, du moins au XIème siècle. L'emploi de la masse est parfois mentionné comme symbole de commandement.
De nombreuses illustrations de cette page sont extraites des ouvrages édités par
Osprey Publishing.
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